25 novembre 2009
Autres mondes
Utopiales 2009, de divers auteurs
De quoi ça parle ?
L'anthologie officielle des Utopiales 2009 : 6 nouvelles de SF d'auteurs français et étrangers.
Mon opinion :
Des auteurs que je ne connaissais qu'assez peu voire pas du tout, et un autre dont j'admire les textes : il fallait donc que j'achète cette anthologie aussi. Les textes sont variés, et comme il n'y en a que six je les passe en revue :
- La préface, je me suis contentée de la parcourir. J'aime bien son auteur, Ugo Bellagamba, dont j'avais fort apprécié une ou deux nouvelles. Mais les considérations sur la SF actuelle et le monde d'aujourd'hui, ça m'ennuie profondément, quelque soit la justesse de ce genre de propos.
- "Les Perséides" de Robert Charles Wilson : je n'ai vraiment pas du tout accroché. Ok, il y a des personnages un peu fouillés, comme toujours chez Wilson, mais la fin est vraiment trop confuse. Et on s'ennuie un peu.
- "Un temps chaud et lourd comme une paire de seins" de Catherine Dufour : Un peu déroutant au début, un univers bâti sur une idée intéressante, une narration percutante, pour une nouvelle d'une noirceur tranchante comme un rasoir. J'aime bien. Et ce titre !
- "Elvis le Rouge" de Walter Jon Williams : un modèle d'uchronie, fascinante, et avec une chute puissante bien que prévisible. Bien aimé.
- "De ma prison" de Pierre Bordage : Je ne l'ai pas terminée, ça m'a barbé. Je n'avais pas envie de faire l'effort de lire cette nouvelle en forme d'essai même si elle n'a que quelques pages. Mais comme je ne connais pas les romans de Bordage (oui, honte à moi), je vais m'y mettre assez rapidement.
- "Georges et la comète" de Stephen Baxter : Je ne connaissais pas non plus cet auteur étiqueté hard-sf. Une nouvelle marrante et assez plaisante, même si pas forcément super originale.
- "Préquelle" de Jean-Philippe Jaworski : Oui, c'est pour elle que j'ai acheté cette anthologie. Verdict ? Toujours aussi bien écrit, aussi soigné. Avec une chute intéressante. Bref je ne suis pas déçu.
Voilà, donc une anthologie avec de bons textes et d'autres qui ne m'ont pas plu du tout. Une anthologie normale, donc. On ne peut pas toujours avoir des exceptions.
L'avis d'Henri Bademoude (qui pour le coup est de très mauvaise humeur)
22 novembre 2009
Super-Eros
69, de divers auteurs
De quoi ça parle ?
Une anthologie de textes de science-fiction et de fantastique ayant pour thème l'érotisme.
Mon opinion :
Une belle couverture, un sommaire alléchant, ce livre avait tout pour plaire. Et, même si j'ai préféré certains textes à d'autres, j'ai pris plaisir à lire chacune des nouvelles : toutes assez courtes et de style, d'atmosphère bien différents. On passera sur certaines petites coquilles peu gênantes dans le texte (j'ai un oeil qui s'affûte pour ça). Et surtout, certaines nouvelles m'ont fait découvrir des auteurs dont je n'ai maintenant qu'une envie : lire les livres.
Les nouvelles que j'ai préférées :
- Eddy Merckx n'est jamais allé à Vérone de Stéphane Beauverger : un texte court, sans une once de SF ou de fantastique, superbement écrit, et qui génère une sorte de mélancolie dorée des plus agréables. Et quel titre ! Faut que je tâte du Déchronologue du même auteur !
- Saturnales de Maïa Mazaurette : Un texte de SF plein d'humour, avec une narration idéalement maîtrisée, et avec un arrière-goût glaçant de dystopie. Et j'y ai retrouvé le ton libre et sans complexe qui baigne le blog de l'auteur (Sexactu).
- Misvirginity de Daylon : Dans un tout autre genre, un texte qui fait penser à Blade Runner et aussi un peu à Dr Adder de K.W. Jeter. Cru, violent. Un style peut-être parfois un peu maniéré mais tellement tranchant. Un texte qui peut être lu ici, et vous pourrez en profiter pour entrer dans l'univers de l'auteur, qui est aussi un illustrateur reconnu.
- Camélions de Joëlle Wintrebert : Tout simplement magnifique. De la pure SF, un point de vue féminin, de l'érotisme appuyé, sauvage. Le genre de texte qui reste dans un coin de la mémoire.
Les autres m'ont moins marqué. J'ai préféré les textes SF aux textes Fantastiques qui me parlent nettement moins. Ah, autre précision : tout reste soft, on ne verse pas dans le porno et c'est tout aussi bien, même si certaines descriptions sont très suggestives.
Un bon moment, donc, et en ce qui me concerne au moins deux auteurs à suivre.
A lire aussi : L'avis de Lhisbei
16 novembre 2009
Dans l'espace, personne ne vous entendra errer...
La nef des fous, de Richard Paul Russo
De quoi ça parle ?
Un immense vaisseau qui erre d'étoiles en étoiles depuis des millénaires. A bord, des générations d'hommes et de femmes vivent dans un système très oligarchique. Après avoir capté un signal d'une planète, une équipe d'éclaireurs est envoyée à terre et découvre une colonie désertée de ses habitants...
Mon opinion :
Voilà de la SF à la papa, du bon vieux space-opera des familles, recyclant des thèmes archi-classiques : la colonie massacrée par de mystérieux agresseurs, le Big Dumb Object, les aliens pas très gentils...
Rien de novateur, donc : des personnages assez peu approfondis (dommage car ils étaient intéressants), un scénario prévisible de bout en bout, pas d'effet de surprise... Il reste un style classique sans être plat, une intrigue plutôt bien menée, sans trop de temps mort, avec un aspect assez intéressant sur la religion et sa place dans ce système qui opprime les masses, qui nous vaut une jolie scène où deux des protagonistes du roman flottent en apesanteur au large du vaisseau en contemplant l'immense vitrail éclairé représenté sur la couverture du livre, tout en devisant de la foi et de ses implications.
L'ensemble donne quand même une impression d'inachevé, de brouillon, bref, je suis resté sur ma faim.
Je dois être devenu trop exigeant sur les romans de SF.
Attention quelques scènes pourront heurter les plus sensibles.
Cet ouvrage a été lu dans le cadre du Défi SF 2010, catégorie Crazy SF Space Opera.

D'autres romans ou oeuvres aux thèmes apparentés (et qui valent le détour) :
Croisière sans escale, de Brian Aldiss (un vaisseau errant)
Rendez-vous avec Rama, de Arthur C. Clarke (Big Dumb Object)
La série des Alien
15 novembre 2009
Si c'était possible... (Tag)
Tagué par Fattorius, pour un questionnaire qui s'est pas mal promené sur les blogs littéraires, et auquel je réponds avec empressement :
1. Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous
prendriez qui pour nègre ? (eh oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature)
Ah, je dirais Fred Vargas car j'ai bien aimé sa plume sur le roman que je viens de finir.
2.
Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui
qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver
depuis une centaine de pages... Lorsque
survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel
Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est
persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que
faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci
de comprendre... Allez, soyons fous, Scarlett Johansson , mais en bikini, pas torse nu !)
Scarlett Johansson, en petite tenue, avec un léger mal d'épaule ? Même pour le meilleur roman de la Terre, même pour toutes les bibles du monde, même pour le plus libidineux des SAS, je ne pourrais pas résister... Le livre ferait un vol plané et j'oublierais instantanément son existence. La chair est faible.
3. C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans
la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)
"La vie mode d'emploi", de Georges Perec
4. Quelle est pour vous la pause lecture idéale
?
La matin, avant d'aller bosser, assis dans mon canapé et qu'il pleut dehors.
Le soir, avant de dormir, étendu dans mon lit, et qu'il pleut dehors.
5. Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?
Moriarty, dans les Sherlock Holmes, parce qu'il est vraiment pas gentil.
6. Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?
Ah bon, parce qu'il meurt ? D'abord, c'est qui, Voldemort ?
7. Jusqu'où êtes-vous allé pour un livre ?
J'ai traversé tout Strasbourg (où j'étais en déplacement), d'Ouest en Est, à pied et sous la pluie, pour visiter une bouquinerie qui peut-être posséderait le livre que je cherchais alors.
Elle l'avait.
8. Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")
Jules Verne, et je lui dirais "Merci".
9. Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.
Une grande pièce au rez-de-chaussée d'un manoir anglais, les murs couverts de livres, un fauteuil confortable, un guéridon avec un verre de gin tonic, un majordome dévoué à portée de sonnette, eune cheminée qui flambe et de grandes fenêtres donnant sur la nuit pluvieuse et venteuse.
10. Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?
Je lui donnerai bien "Rêve de fer" de Norman Spinrad (je ne l'ai jamais lu mais il paraît que c'est bien). Je pense que ça l'intéresserait.
Voilà, comme d'habitude, je triche, je ne désigne personne : que celui qui veut reprendre ce tag au vol le fasse.
05 novembre 2009
Hêtre ou ne pas être
Debout les morts, de Fred Vargas
De quoi ça parle ?
Une ancienne cantatrice disparaît après qu'elle eut trouvé, planté dans son jardin, un arbre qui n'y était pas la veille. Ses nouveaux voisins, quatre types peu ordinaires, décident de mener l'enquête à leur manière.
Mon opinion :
De Fred Vargas je n'avais lu que l'histoire de l'homme aux cercles bleus, qui m'avait laissé plutôt froid. Il est vrai que je l'avais lue dans des conditions un peu particulières. C'est donc sans a priori que j'ai ouvert ce livre.
J'ai lu un premier chapitre absolument hallucinant. Inquiétant, étrange, un peu glaçant; on sent le sourd malaise qui monte chez le personnage et qui opère aussi chez le lecteur. Et tout cela écrit avec une économie de moyens stupéfiante.
Après ce début en fanfare, on s'attache aux personnages principaux auxquels on s'identifie assez facilement, d'autant qu'ils nous sont peints comme profondément humains. Et il règne pendant tout le roman une atmosphère étrange, saugrenue, qui teinte le style assez familier de Vargas d'une couleur bien particulière.
Côté scénario, on arrive tout de même assez vite à une trame de polar tout ce qu'il y a de plus classique, mais bien ficelée et ménageant un suspense intéressant qui va crescendo. On referme tout de même le livre légèrement déçu de cette fin qui arrive peut-être trop vite ou de manière trop abrupte, et surtout de devoir laisser ces personnages qu'on avait appris à apprécier.
Du très bon polar donc, de quoi donner envie de se plonger dans les autres opus de la dame.
03 novembre 2009
Journal du hot
Happy sex, de Zep
De quoi ça parle ?
Une série de petites histoires (une page ou deux) humoristiques mettant en scène la sexualité de nos contemporains.
Mon opinion :
Parler de sexe avec humour et sans tomber dans le graveleux est toujours délicat. Zep réussit très bien à éviter l'écueil : ses planches sont toujours comiques sans jamais être vulgaires. En revanche, les prudes s'abstiendront d'ouvrir cet album : même si on est loin du porno chic de Manara ou des délires turgescents de Serpieri, tous les dessins sont explicites et les situations présentées sans aucune équivoque. Attendez-vous à admirer tous les détails de l'anatomie humaine. Toutes les pratiques hétérosexuelles sont abordées, sans jamais être graves ou lourdes. On reste dans l'humour et on reconnaît facilement un voisin, un ami... ou soi-même. Mine de rien, on tient là un bon condensé de la sexualité de notre société (à l'exception notable des homosexuels, donc).
Tout celà m'a fait sourire et certains gags sont plus franchement hilarants (mention spéciale à celui avec les géraniums...).
Voilà donc une bonne surprise que cet album qui constitue un bon interlude entre deux lectures plus conséquentes.
01 novembre 2009
Acheté chat en poche
Le chat qui lisait à l'envers, de Lilian Jackson Braun
De quoi ça parle ?
Jim Qwilleran est embauché comme critique d'art au Daily Fluxion. Il a beau ne rien connaître à l'art, il sait écrire et sa qualité d'ancien chroniqueur criminel lui a laissé une certaine habileté pour amadouer ses interlocuteurs. Très vite il se rend compte que le vrai critique d'art du journal est détesté du microcosme artistique de la ville. Après avoir enfin réussi à le rencontrer, il se lie d'amitié avec son chat siamois, Koko, qui possède certaines capacités assez inhabituelles...
Mon opinion :
Voilà, ça y est, je suis accro et en train de m'acheter tous les livres de la série... Celui-ci est le tout premier, dans lequel on fait connaissance avec nos héros. Braun n'a pas son pareil pour nous attacher en trois paragraphes à ce chroniqueur raffiné sur le retour, flegmatique et subtil, amateur de bonne cuisine et de jolies femmes, et surtout de chats. Elle nous brosse d'ailleurs le portrait d'un chat assez spécial, par lequel tout amateur de félins sera sans nul doute charmé.
Pour ce qui est de l'intrigue policière, elle est plutôt légère, longue à se mettre en place, et finalement presque accessoire. On n'a pas vraiment l'impression que c'est ça le plus important.
Quant au style, il est très lisible, sans fioritures, je dirais presque chaleureux... Bref, tout amateur de polars et de chats devrait apprécier, d'autant que ça se lit très vite, comme une récréation. Je sens que moi, en tout cas, je vais me régaler.
26 octobre 2009
Voyages
Le chasseur de jaguar, de Lucius Shepard

De quoi ça parle ?
Ce recueil de nouvelles est paru il y a plus de vingt ans et constitue la première partie de la traduction du recueil original (la seconde étant sobrement intitulée "La fin de la vie (pour ce que nous en savons)"). Cinq nouvelles donc, dont voici le "pitch" :
* "Le chasseur de jaguar" : Quelque part en Amérique Centrale, un ancien chasseur de jaguar reprend du service contre son gré. Il aura l'occasion de revenir à ses racines indiennes.
* "L'homme qui peignit le dragon Griaule" : Dans un univers parallèle, aux relents de fantasy discrète, un homme décide de peindre pour l'empoisonner un dragon aux dimensions d'un paysage qui ne vit plus que par l'influence néfaste qu'il a sur les gens aux environs.
* "Salvador" : L'expérience fantastique d'un soldat américain pendant la guerre du Salvador.
* "Comment chuchote et crie le vent à Madaket" : Un écrivain en retraite studieuse sur l'île de Nantucket se trouve confronté à une étrange entité qui l'inspire mais qui exige autre chose de lui...
* "Corail Noir" : L'expérience fantastique d'un ancien combattant du Vietnam retiré sur une île des Caraïbes.
Mon opinion :
Lucius Shepard a été un baroudeur, et ça se sent : l'exotisme est le premier mot qui vient à l'esprit quand on le lit, et je dirais que c'est ce qui m'attire particulièrement chez lui. Il a une façon de nous imprégner d'une atmosphère, d'une ambiance, d'un décor, de personnages, avec des descriptions évocatrices tout en restant assez concises. On voyage, donc, au long de ces cinq nouvelles, dans des contrées fort différentes.
La science-fiction se fait assez discrète, battue en brèche par le fantastique fortement teinté de mystique et de mythique. Mais ce ne sont que des outils utilisés pour décrire les sentiments et tiraillements d'un homme, le héros, en proie à ses démons intérieurs.
Le style est soigné, digne des plus grands auteurs de littérature blanche, et même si parfois il faut s'accrocher, l'ensemble est assez fluide, suffisamment varié pour ne pas nous lâcher.
Des cinq nouvelles, je retiendrais particulièrement la deuxième, qui m'a tout simplement bouleversé. Des images qui me resteront longtemps, comme une persistance rétinienne.
Et aussi la plus longue, la quatrième, que n'aurait pas reniée un Stephen King en grande forme, quoique un peu longuette.
Voilà donc, de la bonne littérature, pour ce recueil qui n'a jamais été réédité mais qu'on peut trouver assez facilement d'occasion.
14 octobre 2009
Suite tranquille
Axis, de Robert Charles Wilson

De quoi ça parle ?
Une quarantaine d'années après les événements narrés dans Spin, une partie de l'Humanité s'est installée sur Equatoria, une planète directement accessible depuis la Terre en passant par l'Arc, un immense artefact laissé dans l'Océan Indien par les Hypothétiques, mystérieuse entité dont on ne sait quasi rien et qui est à l'origine du Spin. Lise Adams est à la recherche de son père, qui a mystérieusement disparu une vingtaine d'années auparavant, et, en compagnie de son amant Turk Findley, elle va être amenée à croiser un mystérieux gamin élévé par une communauté dans le désert et qui a certaines facultés en relation avec ces fameux Hypothétiques...
Mon opinion :
Si vous n'avez pas lu Spin, prix Hugo 2006, parfait mélange entre "sense of wonder" à couper le souffle et relations humaines fouillées, faites-le avant d'attaquer cette suite sinon vous risquez de passer à côté.
A côté de quoi me direz-vous ?
Il faut d'abord savoir que RC Wilson aime étudier dans ses romans les conséquences d'événements cosmiques ou déstabilisants sur des personnes comme vous et moi, sur la manière de réagir à l'inconcevable qui fait irruption dans des vies bien rangées. Le dosage entre la SF et le côté "étude des personnages" n'est pas toujours très bon, mais dans Spin il était parfait.
Ici la différence est notable : il n'y a pas à proprement parler d'événement cosmique, et nous retrouvons un "background" connu et même un des trois personnages principaux de Spin, mais qui n'a ici qu'un second rôle.
En revanche les personnages sont très bien campés, la narration est fluide, tranquille, l'histoire prend son temps mais sans traîner, il y a cette petite dose d'exotisme qui n'est pas désagréable. On a aussi une vague trame de thriller mais qui a le bon goût de s'effacer assez vite avant de sombrer dans le lourdingue.
Le tout forme un roman sans sommet mais sans abîme non plus, étrangement paisible, très égal. J'ai ressenti une certaine familiarité dans ces pages, comme si je retrouvais une vieille paire de pantoufles confortable.
Et quand je dis pas de sommets, j'exagère quand même un peu, car le final, non content d'être assez inattendu, est aussi très beau, émouvant, évocateur et plein de poésie.
Bref, Axis n'est pas du tout un remake de Spin, mais, dans un autre style, ne lui est pas pour moi inférieur.
On attend maintenant de pied ferme le dernier volet de cette trilogie, Vortex, pour dans deux ans...
03 octobre 2009
Mystère et petits pains suédois
Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson

De quoi ça parle ?
Un journaliste suédois qui vient de perdre un procès en diffamation se voit engager par un vieil industriel en retraite pour essayer de résoudre le mystère de la disparition de sa nièce 30 ans plus tôt...
Mon opinion :
Après en avoir entendu parler, de ce roman porté aux nues, et après avoir trouvé une bonne âme pour me le prêter, je l'ai entamé... Et terminé.
Bon, alors l'histoire : après un début très prometteur, intrigant, fouillé, on arrive assez vite à une trame archi-classique de thriller de base avec des gens pas gentils du tout et qui font des choses que la morale réprouve (celà dit sans "spoiler"). La partie concernant le journalisme économique reste toutefois intéressante quand elle est évoquée. Les personnages : si Mikael Blomqvist est relativement bien campé, j'ai en revanche trouvé le personnage de Lisbeth Salander complètement invraisemblable. C'est bien simple : je n'y ai pas cru une seule seconde. Quant au style, c'est celui d'un journaliste : direct, redoutablement efficace, en tout cas au début. Vers la fin j'ai quand même eu l'impression que certains passages s'aplatissaient et avaient été "torchés", passez-moi l'expression. Ou alors c'est un problème lié à la traduction si décriée ? En ce qui concerne les thèmes évoqués, c'est surtout celui du banditisme économique qui est intéressant. Pour le reste... le féminisme ? Mouais.
Donc voilà, oui, ce roman est calibré et son succès n'est pas étonnant. Mais non, ce n'est pas un polar, en tout cas pas comme je l'entends. C'est un thriller, et pas assez bon pour me convaincre dans sa catégorie (il est vrai que mes critères sont assez élevés dans ce domaine), l'impression de "déjà-lu" étant omniprésente dans la seconde partie.
Je m'attaque au deuxième maintenant. Le personnage de Salander étant apparemment au centre de l'intrigue, je crains le pire en ce qui me concerne.





