Les lectures de Papa Fredo

10 décembre 2010

Ovni es-tu là? Oui.

Rubber, de Quentin Dupieux

rubber

Le pitch :
Les aventures d'un pneu psychopathe et tueur en série dans l'Ouest américain.

Une fois n'est pas coutume, je vais faire la revue d'un film que je suis allé voir le week-end dernier, suite à un défi lancé par mon amie CaroDe.
Alors évidemment, quand on lit le pitch, on se dit qu'on est en face d'un nanar improbable, parodie des "slashers movies" basiques qui ont émaillé ces trente dernières années (Vendredi 13, Freddy, Halloween, Scream, j'en passe et des pires).
Mais en fait non. Ce film est bien à prendre au premier degré. Et de débuter dans une ambiance qui fait immanquablement penser à une pièce d'Ionesco (oui, j'ai des lettres :). Avec un leitmotiv qui reviendra tout au long du film : No reason. Non, aucune raison n'explique pourquoi, dans cette décharge en plein désert, un pneu de voiture usagé, en train de finir tranquillement sa vie, se met brusquement à bouger tout seul, à rouler, et à être animé d'étranges pulsions meurtrières.
Pendant 1h30, on navigue entre incrédulité interloquée et francs sourires face au décalé de la situation et à certains plans ubuesques. Le film verse ensuite dans la mise en abyme, bien amenée et qui pose des questions intéressantes.
Bien sûr, il n'est pas exempt de certaines longueurs mais l'idée tient assez bien la route. Il a été filmé avec une caméra d'appareil photo, et ça donne une impression d'immersion assez impressionnante, entre étendues ocres et désolées et motel délabré ou maisons isolées.
Enfin, mention spéciale à tous les acteurs, formidables, du shérif dubitatif à la jeune fille hiératique.

Voilà, donc un film à voir, même si je suis ressorti de la salle en ayant eu l'impression de n'y avoir passé que 45 minutes, et étant quand même un peu perplexe.

Ah oui, précision importante : c'est assez gore. Premier degré, vous disais-je.

L'avis de CaroDe ici (on ne s'est pas concertés).

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21 novembre 2010

Lot de nouvelles à l'oeil

L'010ssée, de divers auteurs

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De quoi ça parle ?

Des nouvelles de SF entrecoupées de courtes pastilles d'auteurs étiquetés "mainstream" qui parlent de SF.

Mon opinion :

Ce livre était offert en cadeau à l'occasion des 10 ans de Folio SF pour l'achat de deux romans de cette collection. J'ai préféré lire ces nouvelles avant les deux romans achetés (je ne vous dirais pas lesquels, ce sera la surprise des prochaines chroniques).
Comme dans tous les recueils de nouvelles, il y a du bon et du moins bon, sans qu'ici il y ait de l'exceptionnel. Je ne chronique pas les pastilles, qui sont très courtes et plutôt agréables à lire.

La Route de Jérusalem,  de Mary Gentle
Une uchronie dans laquelle les Templiers sont toujours là et se disputent le Nouveau Monde avec d'autres factions. Une femme officier se trouve rattrapée par le passé après un tournoi.
J'aurais aimé voir ce monde bien plus approfondi et des personnages moins lisses. Et puis c'est assez lent sans qu'il y ait beaucoup de rythme. Dommage.

Kenningar, de Jean-Philippe Jaworski
Un conte médiéval fantastique à forte consonance nordique. Toujours très agréable à lire, une parfaite maîtrise de la langue.

Le Constructeur, de Philip K. Dick
Un type construit un immense bateau dans son jardin, contre vents et marées.
J'ai pas vraiment aimé cette histoire très "Age d'Or". Je la trouve assez désuète même si la fin est plutôt bien vue.

Chronos, de Maïa Mazaurette
Une actrice sur le retour et sa fille ont rendez-vous dans un bien curieux salon de beauté.
Bien écrit oui, mais ça sent furieusement le déjà-lu. On voit tout de suite où ça nous mène. Tant pis.

Vestige, de Christopher Priest
Une ancienne modèle qui a été l'amante éphémère d'un peintre célèbre revient dans l'atelier de celui-ci à l'occasion de ses funérailles.
Du plus pur style Priest, mélancolique et doux-amer, et tellement britannique. Priest c'est toujours un voyage, même très court comme celui-ci.

Éthologie du tigre, de Thomas Day
Un spécialiste des tigres se trouve appelé au Cambodge, sur le chantier d'un grand complexe hôtelier, pour résoudre une curieuse histoire.
Je n'avais jamais rien lu de cet auteur, dont les univers habituels ne m'attirent pas beaucoup. Pourtant j'ai découvert ici une histoire dépaysante, avec un style remarquablement fluide, qui coule de source. Pour tout dire, une histoire captivante avec un héros très attachant. Et même si la fin m'a laissé un peu désappointé, je suis assez content d'avoir lu de récit.

Passagers, de Robert Silverberg
Des extra-terrestres ont débarqué et "empruntent" les corps des gens en prenant les manettes de leur cerveau. Quand ils récupèrent leur corps, les gens ne se souviennent plus de ce qu'ils ont fait.
Ce classique de Silverberg, je l'avais déjà lu. Une histoire tragique et une des meilleures nouvelles de l'auteur.

La Bétonnière à mafiosi, de Ray Bradbury
Je n'ai pas vraiment compris l'intérêt de cette courte nouvelle où il est question d'une bétonnière et de F. Scott Fitzgerald.

Okw- de Stéphane Beauverger
Le Président de la République est accusé de meurtre et reçoit une personne qui pourrait l'aider, dans une France où les enregistreurs vidéos sont littéralement partout.
Une bonne idée et un monde qui mériterait peut-être d'être développé. Mais la nouvelle elle-même ne m'a pas convaincue, peut-être à cause d'une fin un peu précipitée.

Utriusque Cosmi, de Robert Charles Wilson
L'étrange destin d'une gamine fugueuse de 15 ans.
Du pur Wilson là aussi, condensé en une trentaine de pages : des personnages ordinaires, un événement cosmique et un traitement paisible de l'histoire, pour un petit morceau de hard-sf qui se lit tout seul. Pas mal du tout.

Voilà, un recueil inégal donc, selon l'expression consacrée. Qui a fait tomber mes préjugés sur Thomas Day. et qui m'a donné envie de relire du Priest. Pas mal quand même pour un bouquin gratos.

L'avis d'Efelle : ici
L'avis de Gromovar aussi, et celui de Guillaume44.

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11 octobre 2010

C'est dans les vieux pots...

Juste avant le crépuscule, de Stephen King

king

De quoi ça parle ?

Des nouvelles de Stephen King. Du fantastique. Un peu d'horreur. Du poétique. De l'inquiétant. Du classique, en gros.

Mon opinion :

King et moi, c'est une vieille histoire, depuis les première lignes de Ça il y a presque vingt ans aux déceptions plus ou moins grandes de ses derniers romans (enfin des derniers que j'ai lus, j'ai fait l'impasse sur les plus récents). J'ai toujours apprécié ses nouvelles, où il semble bien moins souffrir de ce qu'il nomme lui-même "elephantiasis littéraire" que dans ses romans. C'est donc avec curiosité que j'ai commencé ce recueil. Et bien m'en a pris.

Deux choses frappent : d'abord, les incroyables talents de conteur de ce monstre littéraire, si souvent portés aux nues, sont toujours là, et bien là. Il a le don d'alpaguer son lecteur, de l'hypnotiser et de ne le lâcher qu'à la dernière lettre. Ça marche toujours. Et puis ensuite, il est loin le King des débuts, celui qui vous mettait KO avec des ovnis gore parfois bien trash. Le bougre a vieilli, et ça se sent : le propos est ailleurs, l'horreur est plus subtile, plus psychologique. Et ça n'est pas fait pour me déplaire.

Voici un petit topo :

Willa : Un couple se retrouve bloqué à attendre un train dans une étrange gare de campagne. Une nouvelle mélancolique et poétique, pas totalement convaincante toutefois.

La fille pain d'épice : Une jeune femme marquée par le deuil fait une mauvaise rencontre sur un des ilots des Keys en Floride. On pense à Jessie bien sûr, et ça a beau être simplissime, ça reste redoutablement efficace.

Le rêve d'Harvey : Un couple sur le retour, un rêve et un coup de téléphone. Glaçant.

Aire de repos : Un type un peu particulier est le témoin d'une scène de ménage qui tourne mal sur une aire de repos d'autoroute. Un peu de social à la sauce King, ça touche juste sans être moralisateur. Très bon.

Vélo d'appart : Un illustrateur pas très sportif doit se motiver pour perdre du poids. Une idée intéressante mais le développement ne m'a pas branché. Tant pis.

Laissés-pour-compte : Quand King traite du 11 Septembre. Je m'attendais à un sommet de pathos et de mièvrerie. J'ai eu de l'émotion et de la délicatesse.

Fête de diplôme : Une fête de diplôme qui se termine de façon apocalyptique. Court mais percutant.

N. : Un psychologue vient de se suicider. Son amie d'enfance reçoit sa confession sous la forme d'un journal intime. Il s'avère que ça a commencé avec un patient ayant des troubles obsessionnels compulsifs un peu particuliers... Le clou du recueil. Une histoire qui rappelle le meilleur de Lovecraft. Tout simplement terrifiant.

Un chat d'enfer :  Voici la nouvelle qui a été écrite il y a des années (pour le film Tales from the Darkness). Et ça se voit : un style percutant, des personnages à la limite du caricatural, un scénario des plus gores, très différent du reste du recueil. Et ça marche. La fin est tout simplement répugnante :D

Le New York Times à prix spécial : Une sonnerie de téléphone qui retentit dans des circonstances un peu particulières, et une voix inattendue au bout du fil... Un thème classique, lu et relu, mais qui fonctionne toujours à peu près.

Muet : Un représentant de commerce dont la femme est impliquée dans un scandale financier prend un sourd-muet en auto-stop. Encore une histoire dans laquelle on se reconnaît facilement, et qui est diablement efficace.

Ayana : Une histoire qui rappelle très fortement La Ligne verte. Je n'ai pas été convaincu.

Un très petit coin : Encore une idée délicieusement débile : que se passerait-il si la sanisette dans laquelle vous êtes en train de faire vos besoins basculait tête en avant et porte contre terre ? King en tire une histoire réjouissante en évoquant en plus un sujet de société tristement actuel.

Voilà, un recueil que je vous recommande chaudement : ça se lit presque tout seul et passe de très bons moments.

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22 août 2010

Cours de français

Le français dans tous les sens, de Henriette Walter

walter

De quoi ça parle ?

Un historique de notre langue à travers le temps, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours : évolution, perspectives.

Mon opinion :

Saviez-vous que nous n'avons conservé qu'à peu près 70 mots nous venant en droite ligne de "nos ancêtres les gaulois" ? Que le français n'est qu'un patois qui a réussi ? Connaissez-vous l'origine de la négation "ne... pas" ? Vous êtes-vous déjà demandé comment le pluriel de "cheval" avait pu évoluer en "chevaux" ?
J'en passe et des meilleures : je me suis régalé à la lecture de ce livre, du moins pendant l'essentiel de cette histoire du français racontée de manière certes un peu doctorale mais jamais désagréable. La linguiste Henriette Walter réussit à nous entraîner à travers une foule d'anecdotes sur le langage et l'origine de certains mots dans un joli voyage à travers le temps et l'histoire de notre pays, passionnant. Étonnamment, j'ai retrouvé des formes qu'on ne trouve que dans le patois picard appelé "chti'mi", qui m'est familier.
Dans la dernière partie on a droit à un cours de prononciation assez pointu mais tout aussi intéressant, et des considérations sur l'évolution de la langue qui sont un peu datées (le livre a été publié initialement en 1988). Ces dernières peuvent prêter à sourire d'ailleurs, car elles datent d'avant les sms et leur langage simplifié à l'extrême.
Un livre avec lequel on se cultive donc, idéal si on veut frimer un peu en société, d'une lecture assez aisée et qui peut éventuellement donner envie de faire de la linguistique.

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18 juillet 2010

De Lutèce à Paname

Métronome, de Lorànt Deutsch

metronome

De quoi ça parle ?

L'histoire de Paris à travers l'évocation de quelques stations de métro : une pour chaque siècle, du Ier au XXIe.

Mon opinion :

Voilà un livre idéal pour l'été : léger, instructif, passionnant. Le métro n'est qu'un prétexte pour l'auteur qui s'amuse, littéralement, à nous promener à travers l'histoire de Paris et, partant, de celle de la Gaule puis de la France. Il fait montre d'une érudition extrême, tout en restant dans un style léger, familier, un peu comme un vieux pote très calé qui décide de partager son savoir, et même plus que ça : sa passion. En effet, quand il nous raconte sa quête, dans le Paris actuel, des vestiges du passé, on sent le chasseur de trésors qui exulte et qui parvient, de fait, à nous communiquer son enthousiasme.

Ce livre permet de se remémorer l'histoire de France comme on l'a appris (ou pas) à l'école, de découvrir des anecdotes stupéfiantes et, plus que tout, donne envie de se documenter encore plus. Pas besoin d'être parisien pour apprécier. Tout au plus peut-on avoir un plan de Paris sous la main pour se localiser quand on n'est pas familier des noms des rues (Google Maps et StreetView sont vos amis).

Voilà, donc, je savais Lorant Deutsch érudit; il est aussi passionné d'histoire. Je l'ai d'ailleurs redécouvert dans ses chroniques sur France Info récemment (concernant l'appel du 18 Juin me semble-t-il). Et pour ceux qui ne l'ont pas vu dans le rôle de Jean-Paul Sartre, dans un téléfilm datant de quelques années, je confirme qu'il est excellent.

Un livre et un auteur à déguster, donc, sans modération !
 

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07 juillet 2010

L'importance d'être Oscar Wilde

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, de Gyles Brandreth

wilde

De quoi ça parle ?

Londres, 1889. Flanqué de son vieil ami le poète Robert Sherard, Oscar Wilde, alors quasiment au faîte de sa carrière, enquête sur le meurtre d'une de ses connaissances, un jeune homme du nom de Billy Wood...

Mon opinion :

Alors bon.
Le principe d'utiliser des personnages historiques dans un roman, qui plus est policier, peut sembler séduisant. Le problème est que l'image que l'on se faisait de ces personnages risque d'être déformée par la vision de l'auteur. C'est un peu le cas d'Oscar Wilde, dont je connaissais la réputation de dandy sulfureux et son roman le plus célèbre (Le Portrait de Dorian Gray). A vrai dire, sa description correspond assez bien à l'image qu'on s'en fait, un dandy séducteur, beau parleur, charismatique et franchement décadent. Peut-être trop d'ailleurs, puisqu'il m'a semblé à la limite du cliché. Mais ce qui m'a franchement désarçonné, c'est sa capacité de réflexion et de déduction digne de Sherlock Holmes. Hommage assumé, puisque Sherard se comporte comme le Dr Watson et que Conan Doyle est un ami de Wilde. En somme ce dernier est en quelque sorte catapulté modèle du détective à la pipe. Et là, je n'ai pas du tout adhéré au procédé. Heureusement, ce n'est criant que dans la première partie du roman, dont l'intrigue peine à réellement démarrer. Et quand elle le fait, elle se révèle singulièrement peu originale : un "whodunit" dont on devine assez facilement les rôles finaux. L'ambiance londonienne de cette fin de XIXè est assez bien rendue, mais on est quand même bien loin de l'atmosphère inquiétante et parfois glauque du Londres de Conan Doyle, et de l'humeur sombre de Holmes. En somme on ne voit pas bien le rapport entre Oscar Wilde et cette énigme policière. Tout cela semble très artificiel.
Que nous reste-t-il ? Un roman qui se lit bien, une évocation intéressante de la vie de Wilde, de son homosexualité cachée (même ses amis intimes ne le savent pas, ou se contentent de s'en douter), et de justement la place de cette pratique dans la pudibonderie victorienne, ainsi que, en passant, une intéressante vision de la place des femmes à cette époque, réduites au rôle d'épouses et de mères, si brillantes fussent-elles.
Je suis tout de même content d'avoir découvert ce roman et lirais les suites, si elles me tombent sous la main.

Merci à Sandy de me l'avoir envoyé dans le cadre de l'Opération Impulse II.

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27 juin 2010

Des nouvelles d'un auteur culte

L'Essence de l'art, de Iain M. Banks

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De quoi ça parle ?

Un recueil de nouvelles de SF ou de mainstream, par l'auteur culte du Cycle de la Culture.

Mon opinion :

Ceux qui ne connaissent pas Le Cycle de la Culture, vous pouvez aller visiter la page de Wiki qui le concerne. Étant moi-même un grand fan de ces romans, je ne pouvais pas passer à côté de ce recueil, même si ne s'y trouvent que seulement quatre nouvelles liées à la Culture (dont deux déjà éditées en français, mais aujourd'hui introuvables).

Premier constat : je préfère largement Banks au format roman. En effet, pour ce qui est de la Culture, j'ai été assez frustré. Ses personnages et son univers sont toujours incroyablement évocateurs, et il a le chic pour dépeindre un décor, une ambiance, un état d'esprit. C'est bien simple : on s'y croirait. Alors quand ça ne dure pas 400 pages mais 20... 
Hormis ça, ces nouvelles sonnent un peu comme des chaînons manquants dans l'univers des romans, au niveau des personnages et des sujets évoqués. Quant au reste, c'est assez hétérogène.

La Route des Crânes : Une petite histoire résolument étrange. Je n'ai pas cherché à comprendre mais j'ai aimé l'ambiance.
Un cadeau de la Culture : Un ancien agent de la Culture se trouve malgré lui mêlé à des affaires qui le dépassent. Court mais plaisant.
Curieuse jointure : De la difficulté de communiquer entre humains et extra-terrestres. Une histoire sans prétention mais pleine d'ironie cruelle, et qui m'a fait penser à un épisode de Twilight Zone écrit par Richard Matheson.
Descente : Assurément le gros morceau de ce recueil. Un citoyen de la Culture se retrouve coincé dans son scaphandre intelligent mais endommagé, à la surface d'une planète hostile. Mine de rien, on se pose des questions : qui est l'homme ? qui est la machine ? Vraiment excellent.
Nettoyage : Changement de style pour cette nouvelle humoristique d'artefacts extra-terrestres. On croirait lire du Robert Sheckley dans le texte. Marrant mais pas super original quand même.
Fragment : La nouvelle "mainstream" du lot, dont je ne me souviens que de la chute qui vaut son pesant de cacahuètes. Ce qui prouve le talent multi-cartes de l'auteur.
L’Essence de l’art : Cette novella narre les aventures d'agents de la Culture infiltrés sur Terre et qui se demandent si les hommes doivent être "contactés" ou non. L'un de ces agents a de bien curieuses réactions face à la vie sur Terre... J'ai été un peu déçu par cette nouvelle très cérébrale. Non pas que je n'aime pas réfléchir, mais là il ne se passe pas grand chose. Et ça fait bizarre de voir ces héros que je pensais vivre dans un lointain futur venir côtoyer une Terre contemporaine. Un mythe s'effondre... quoique, vu la relativité de l'espace-temps...
Eclat : Un exercice de style à mi-chemin entre Entrefer du même auteur et le fameux Tous à Zanzibar de John Brunner. Lecture multi-niveaux difficile pour ce conte apocalyptique.

Voilà, des choses que j'ai appréciées, d'autres moins. Il ne reste qu'à attendre le prochain roman de l'auteur ou de se relire les précédents.

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18 mai 2010

Mangeons du manga

L'Orme du Caucase, de Jiro Taniguchi

orme

De quoi ça parle ?

Une série de huit nouvelles graphiques contant chacune une "tranche de vie" dans le Japon d'aujourd'hui.

Mon opinion :

Côté manga, j'en étais resté à Akira et Dragon Ball : des BD de SF où l'action prédomine, et souvent dessinées à l'arrache. Un préjugé est tombé avec ce livre. Déjà, le format : intermédiaire entre une BD classique et un manga traditionnel (enfin un de ceux dont je me souvenais). Et puis d'entrée, pour la première histoire, éponyme au titre du recueil, le ton est donné avec un dessin à couper le souffle : la ramure d'un arbre vue en contre-plongée, stupéfiante de détails. Suivent ensuite des visages détaillés, très expressifs, des décors simples mais très réalistes. Je n'ai jamais eu autant l'impression d'être au Japon, le vrai, celui de tous les jours, pas seulement celui grouillant de vie et de néons qu'on nous montre systématiquement. Les histoires sont toutes empreintes d'une grande sensibilité, d'une finesse dans les non-dits et dans les rapports entre les personnages. Tout cela est très agréable et se lit vite.

Clairement une grande découverte pour moi.
J'ai hâte de passer aux quelques kilos suivants qui traînent maintenant sur ma pile.

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16 mai 2010

Le réveil de la marmotte

Après presque deux mois de sommeil, revoilà Papa Fredo. Quelques livres lus mais peu, et des chroniques à venir. Pour commencer je rattrape mon retard sur l'Opération Impulse II qui date du mois de mars. Le principe en était simple : envoyer un livre de "mauvais genre" à un inconnu, et en recevoir un du "mauvais genre" spécifié.
J'avais demandé un roman policier et j'ai reçu le livre suivant de Sandy :

wilde


















Il ne me reste plus qu'à trouver le temps de lire ce roman fort alléchant.

Quant à moi on m'a demandé d'envoyer un livre de SF et j'ai opté pour une valeur sure : Spin, que j'ai envoyé chez Valunivers. Bon choix apparemment car le livre lui a plu.

Une chronique à suivre.

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24 mars 2010

Indiens dans la ville

Là où dansent les morts, de Tony Hillerman

Hillerman

De quoi ça parle ?

Un soir de décembre, dans un réserve indienne du Nouveau-Mexique, un adolescent disparaît. Il appartient à l'ethnie des Zunis, un peuple indien qui est resté très indépendant. Joe Leaphorn, un vieux flic navajo, solitaire et taciturne, se voit confier le soin de retrouver le garçon et son ami George, qui a disparu lui aussi...

Mon opinion :

Un polar comme je les aime, avec un héros désabusé, une enquête qui va piano mais mène à une fin inéluctable et surprenante, avec des personnages qui passent, à peine ébauchés mais déjà très solides. Et surtout, une partie "ethnologique" importante, un voyage au coeur des réserves indiennes, des paysages désolés mais majestueux, avec des hommes qui ont gardé leurs coutumes ancestrales et dont les descriptions restent intéressantes sans jamais devenir lourdes. Le poids des traditions, les morts qui sont toujours là, avec les vivants, les dieux à qui l'on rend hommage... Et peu d'hommes blancs dans ce roman, ce qui le rend très dépaysant.
Bref, une excellente lecture, et un ton plutôt pessimiste qui a tout pour plaire.
Merci à El Jc de me l'avoir fait découvrir par sa chronique.

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