31 juillet 2009

Immersion dans le Vieux Royaume

Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski

gagnerlaguerre

Comment j'en ai entendu parler ?

Le Cafard Cosmique et d'autres sites Web

De quoi ça parle ?

Ciudalia est une ville imaginaire dans un monde de fantasy. Elle tient de la Rome Antique et de l'Italie Renaissante. Benvenuto Gesufal est un assassin habile et rusé qui a réussi à se faire embaucher par Leonide Ducatore, le Podestat de la République, homme retors et ambitieux. Le roman raconte ses péripéties au service de son patron, entre complots politiques et rencontres diverses, dans le règlement de la guerre que vient de gagner Ciudalia contre ses voisins de l'Archipel de Ressine.

Mon opinion :

Suite directe d'une des nouvelles de Janua Vera, que j'avais beaucoup apprécié, ce roman est un pavé de 700 pages dans lequel l'immersion est totale. Style évocateur, haut en couleur, mots rares, précision dans les descriptions, dialogues ciselés, bref, je me joins aux éloges. Bien sûr, on pourrait dire que parfois, ça devient quand même un chouïa lourd, que certaines pages ralentissent l'action, mais bon, on se dit que c'est pour l'immersion.
Côté scénario, on mêle habilement intrigues politiques de haut vol, réflexion sur le pouvoir, péripéties dignes d'un James Bond, avec une fantasy de bon aloi, elfes et nains discrets, magie puissante et mystérieuse, plus fantastique que fantasy d'ailleurs.
Bref, un roman hautement recommandable, très réussi, de la fantasy "upper class", pour un voyage en terre étrangère qui vous prend complètement, même si en ce qui me concerne, j'ai une préférence pour le format court des nouvelles de Janua Vera.

Posté par Papa Fredo à 13:34 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires sur Immersion dans le Vieux Royaume

  • de la fantasy "upper class" : une expression bien trouvée

    Posté par Lhisbei, 02 août 2009 à 07:39 | | Répondre
  • Je suis impressionnée par le style de l'auteur. Je viens de lire sa nouvelle Montefellone dans l'anthologie Rois et Capitaines chez Mnémos. Je vais du coup lire Janua Vera juste après. Et là, je lis ton avis sur Gagner la guerre et me voilà entrain de noter ce titre.

    Posté par La liseuse, 02 août 2009 à 10:55 | | Répondre
  • Gagner la guerre mérite vraiment le détour, les ambiances y sont très variés. Il fait partie de mes incontournables et je pense que je le relirai.

    Posté par Efelle, 02 août 2009 à 20:18 | | Répondre
  • Rois et Capitaines sera acheté sitôt que je tombe dessus...

    Posté par Papa Fredo, 13 août 2009 à 14:32 | | Répondre
  • D'accord avec toi. Jaworsky est impressionnant.

    Posté par Gromovar, 14 août 2009 à 22:22 | | Répondre
  • Entièrement d'accord : on est loin de la "big comercial fantasy", et c'est vraiment très bien !

    Posté par SBM, 21 septembre 2009 à 09:10 | | Répondre
  • @SBM > Oui, la "big commercial fantasy" je l'évite autant que possible pour éviter de perdre mon temps.

    Posté par papa fredo, 21 septembre 2009 à 20:55 | | Répondre
  • Casser sa tirelire

    28 euros pour 685 pages bien serrées : 4 centimes la page, c'est vraiment donné. Si ce n'est déjà fait, cassez vos tirelires en vitesse pour acheter le Jaworsky : un des meilleurs romans de fantasy de tous les temps (ne mégottons pas dans l'éloge, il le mérite). S'il fallait n'en retenir qu'une chose, je parlerais de la puissance évocatrice de son style : Jaworsky sait comme nul autre vous plonger au coeur de son décor, au coeur de l'action. Du pur cinoche grand écran.
    Alors, histoire de vous mettre l'eau à la bouche, je vous ai recopié quelques lignes extraites des premières pages. Si cela ne vous fait pas grimper aux rideaux, c'est à désepérer.
    Sans doute le plus beau récit de saccage d'une citée jamais écrit :
    "C'était le régiment Burlamuerte qui avait débarqué et fait le ménage. Et vous pouvez croire un vétéran qui a traîné ses solerets quelques années dans la Phalange : pour le nettoyage, il n'y a pas mieux que six milliers de beaux soudards en chausses rayées et barbutes d'acier. On vous rafraîchit le pays avec enthousiasme et méthode. Bien sûr, du point de vue du bourgeois qui ne s'est jamais frotté aux dures réalités de l'existence, c'est un peu bruyant. Mais pour le connaisseur, c'est de la belle ouvrage, exécutée avec coeur et sans cruauté inutile. On chauffe un peu les anciens pour les convaincre de cracher leur magot, et puis on abrège au couteau leur vieillesse et son long cortège de misères. On se délasse avec les filles qui nous tombent sous le gantelet et puis, pour leur épargner des désillusions sur l'inconstance masculine, on les poinçonne vite fait sur leur lit de délices. Pour que la fête soit plus belle, on décore les arbres et les balcons avec leurs frères, leurs fiancés et leurs maris, le cou joliment cravaté de chanvre. On traite les petits enfants comme de gentils chatons : on les noie au fond des puits, histoire que les renfrognés qui auraient raté le bal finissent empoisonnés par les eaux putrides. Et quand tout est dit, on vous illumine ce banquet de grands feux de joie, qui pétillent gaiement sur les horizons."

    Convaincus ?

    Posté par Ultrarat, 13 octobre 2009 à 22:07 | | Répondre
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