La séparation, de Christopher Priest

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Comment j'en ai entendu parler ?

Le Cafard Cosmique et d'autres sites Web

De quoi ça parle ?

Un historien spécialiste de la seconde guerre mondiale s'intéresse au destin d'un certain Sawyer, qui semble-t-il aurait joué un rôle dans la mise en place de l'armistice de mai 1941 entre Anglais et Allemands... Il retrouve les mémoires de celui-ci et il s'avère qu'en fait il y a deux Sawyer frères jumeaux...

Mon opinion :

Difficile de raconter ce roman sans déflorer tout un pan de l'intrigue... Ce qui semble être une uchronie (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, rendez-vous ici) se délaye lentement dans une réalité floue, confuse, hallucinatoire, en tout cas pour le protagoniste principal.

Le roman débute de manière étonnamment parallèle au précédent roman de Priest que j'ai lu : un type reçoit les mémoires d'une personne et commence à les lire, et le roman enchaîne sur lesdites mémoires, avant de revenir à la trame initiale...

Le style est clair, direct, sans fioritures, mais très fluide et facilite la lecture. C'est généralement le cas dans les romans de Priest, peut-être pour ne pas ajouter de difficultés de forme au fond parfois complexe de l'histoire. Il règne une atmosphère bizarre, étrange, qui donne subtilement une légère impression de malaise. La réalité se distord, se fissure, tout se mélange au fil du roman.

Les thèmes abordés sont très intéressants : la guerre, ses bombardements atroces, son impact sur deux frères jumeaux très différents, le pacifisme en temps de guerre. Ça donne aussi envie de se documenter un peu sur les personnages historiques présentés (Churchill, Rudolf Hess, Bernadotte).

Bien sûr, le thème ressemble pas mal à du Philip K. Dick, notamment à la pièce maîtresse de l'uchronie (Le Maître du Haut-Château). Mais en ce qui me concerne, j'ai toujours eu du mal avec Dick et je ne suis pas trop rentré dans ce dernier roman...

En définitive, l'intéressant est cette façon qu'a le roman de se dessiner, et à la fin on se retrouve devant un objet indéterminé, comme une de ces illusions d'optique : l'escalier impossible, le triangle de Penrose, etc.

Bref, un roman sans mode d'emploi, à approfondir soi-même, qui paraîtra de ce fait confus ou frustrant à certains. Mais assurément un grand roman. J'ai d'autres Priest dans ma PAL. Je crois que je vais m'en occuper assez rapidement.