14 octobre 2009

Suite tranquille

Axis, de Robert Charles Wilson

axis

De quoi ça parle ?

Une quarantaine d'années après les événements narrés dans Spin, une partie de l'Humanité s'est installée sur Equatoria, une planète directement accessible depuis la Terre en passant par l'Arc, un immense artefact laissé dans l'Océan Indien par les Hypothétiques, mystérieuse entité dont on ne sait quasi rien et qui est à l'origine du Spin. Lise Adams est à la recherche de son père, qui a mystérieusement disparu une vingtaine d'années auparavant, et, en compagnie de son amant Turk Findley, elle va être amenée à croiser un mystérieux gamin élévé par une communauté dans le désert et qui a certaines facultés en relation avec ces fameux Hypothétiques...

Mon opinion :

Si vous n'avez pas lu Spin, prix Hugo 2006, parfait mélange entre "sense of wonder" à couper le souffle et relations humaines fouillées, faites-le avant d'attaquer cette suite sinon vous risquez de passer à côté.
A côté de quoi me direz-vous ?
Il faut d'abord savoir que RC Wilson aime étudier dans ses romans les conséquences d'événements cosmiques ou déstabilisants sur des personnes comme vous et moi, sur la manière de réagir à l'inconcevable qui fait irruption dans des vies bien rangées. Le dosage entre la SF et le côté "étude des personnages" n'est pas toujours très bon, mais dans Spin il était parfait.
Ici la différence est notable : il n'y a pas à proprement parler d'événement cosmique, et nous retrouvons un "background" connu et même un des trois personnages principaux de Spin, mais qui n'a ici qu'un second rôle.
En revanche les personnages sont très bien campés, la narration est fluide, tranquille, l'histoire prend son temps mais sans traîner, il y a cette petite dose d'exotisme qui n'est pas désagréable. On a aussi une vague trame de thriller mais qui a le bon goût de s'effacer assez vite avant de sombrer dans le lourdingue.
Le tout forme un roman sans sommet mais sans abîme non plus, étrangement paisible, très égal. J'ai ressenti une certaine familiarité dans ces pages, comme si je retrouvais une vieille paire de pantoufles confortable.
Et quand je dis pas de sommets, j'exagère quand même un peu, car le final, non content d'être assez inattendu, est aussi très beau, émouvant, évocateur et plein de poésie.
Bref, Axis n'est pas du tout un remake de Spin, mais, dans un autre style, ne lui est pas pour moi inférieur.
On attend maintenant de pied ferme le dernier volet de cette trilogie, Vortex, pour dans deux ans...

Posté par Papa Fredo à 21:18 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires sur Suite tranquille

    Différent mais plaisant même s'il transporte moins de choses. J'ai eu l'impression d'un intermède réussit.

    Posté par Efelle, 18 octobre 2009 à 13:31 | | Répondre
  • Billet rassurant car j'ai aimé "Spin" mais lu des avis assez mitigés sur cette suite, jugée un peu décevante.

    Posté par Brize, 06 novembre 2009 à 18:43 | | Répondre
  • Je viens de terminer de lire et de chroniquer Spin !
    Un grand merci à toi. C'est effectivement un très grand livre.

    Posté par Val, 14 avril 2010 à 19:12 | | Répondre
  • Spin est pour moi bien meilleur que Axis, qui n'a pas le souffle du premier. Mais c'est vrai qu'il se lit tout de même très bien, grâce à la belle plume de Wilson et l'apparition d'évènements surnaturels dont on veut connaitre l'explication (et c'est là qu'on est déçu, il faut le dire). Vivement Vortex !

    Posté par sylvain, 29 août 2010 à 14:54 | | Répondre
Nouveau commentaire