07 juillet 2010

L'importance d'être Oscar Wilde

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, de Gyles Brandreth

wilde

De quoi ça parle ?

Londres, 1889. Flanqué de son vieil ami le poète Robert Sherard, Oscar Wilde, alors quasiment au faîte de sa carrière, enquête sur le meurtre d'une de ses connaissances, un jeune homme du nom de Billy Wood...

Mon opinion :

Alors bon.
Le principe d'utiliser des personnages historiques dans un roman, qui plus est policier, peut sembler séduisant. Le problème est que l'image que l'on se faisait de ces personnages risque d'être déformée par la vision de l'auteur. C'est un peu le cas d'Oscar Wilde, dont je connaissais la réputation de dandy sulfureux et son roman le plus célèbre (Le Portrait de Dorian Gray). A vrai dire, sa description correspond assez bien à l'image qu'on s'en fait, un dandy séducteur, beau parleur, charismatique et franchement décadent. Peut-être trop d'ailleurs, puisqu'il m'a semblé à la limite du cliché. Mais ce qui m'a franchement désarçonné, c'est sa capacité de réflexion et de déduction digne de Sherlock Holmes. Hommage assumé, puisque Sherard se comporte comme le Dr Watson et que Conan Doyle est un ami de Wilde. En somme ce dernier est en quelque sorte catapulté modèle du détective à la pipe. Et là, je n'ai pas du tout adhéré au procédé. Heureusement, ce n'est criant que dans la première partie du roman, dont l'intrigue peine à réellement démarrer. Et quand elle le fait, elle se révèle singulièrement peu originale : un "whodunit" dont on devine assez facilement les rôles finaux. L'ambiance londonienne de cette fin de XIXè est assez bien rendue, mais on est quand même bien loin de l'atmosphère inquiétante et parfois glauque du Londres de Conan Doyle, et de l'humeur sombre de Holmes. En somme on ne voit pas bien le rapport entre Oscar Wilde et cette énigme policière. Tout cela semble très artificiel.
Que nous reste-t-il ? Un roman qui se lit bien, une évocation intéressante de la vie de Wilde, de son homosexualité cachée (même ses amis intimes ne le savent pas, ou se contentent de s'en douter), et de justement la place de cette pratique dans la pudibonderie victorienne, ainsi que, en passant, une intéressante vision de la place des femmes à cette époque, réduites au rôle d'épouses et de mères, si brillantes fussent-elles.
Je suis tout de même content d'avoir découvert ce roman et lirais les suites, si elles me tombent sous la main.

Merci à Sandy de me l'avoir envoyé dans le cadre de l'Opération Impulse II.

Posté par Papa Fredo à 21:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires sur L'importance d'être Oscar Wilde

Nouveau commentaire