11 octobre 2010

C'est dans les vieux pots...

Juste avant le crépuscule, de Stephen King

king

De quoi ça parle ?

Des nouvelles de Stephen King. Du fantastique. Un peu d'horreur. Du poétique. De l'inquiétant. Du classique, en gros.

Mon opinion :

King et moi, c'est une vieille histoire, depuis les première lignes de Ça il y a presque vingt ans aux déceptions plus ou moins grandes de ses derniers romans (enfin des derniers que j'ai lus, j'ai fait l'impasse sur les plus récents). J'ai toujours apprécié ses nouvelles, où il semble bien moins souffrir de ce qu'il nomme lui-même "elephantiasis littéraire" que dans ses romans. C'est donc avec curiosité que j'ai commencé ce recueil. Et bien m'en a pris.

Deux choses frappent : d'abord, les incroyables talents de conteur de ce monstre littéraire, si souvent portés aux nues, sont toujours là, et bien là. Il a le don d'alpaguer son lecteur, de l'hypnotiser et de ne le lâcher qu'à la dernière lettre. Ça marche toujours. Et puis ensuite, il est loin le King des débuts, celui qui vous mettait KO avec des ovnis gore parfois bien trash. Le bougre a vieilli, et ça se sent : le propos est ailleurs, l'horreur est plus subtile, plus psychologique. Et ça n'est pas fait pour me déplaire.

Voici un petit topo :

Willa : Un couple se retrouve bloqué à attendre un train dans une étrange gare de campagne. Une nouvelle mélancolique et poétique, pas totalement convaincante toutefois.

La fille pain d'épice : Une jeune femme marquée par le deuil fait une mauvaise rencontre sur un des ilots des Keys en Floride. On pense à Jessie bien sûr, et ça a beau être simplissime, ça reste redoutablement efficace.

Le rêve d'Harvey : Un couple sur le retour, un rêve et un coup de téléphone. Glaçant.

Aire de repos : Un type un peu particulier est le témoin d'une scène de ménage qui tourne mal sur une aire de repos d'autoroute. Un peu de social à la sauce King, ça touche juste sans être moralisateur. Très bon.

Vélo d'appart : Un illustrateur pas très sportif doit se motiver pour perdre du poids. Une idée intéressante mais le développement ne m'a pas branché. Tant pis.

Laissés-pour-compte : Quand King traite du 11 Septembre. Je m'attendais à un sommet de pathos et de mièvrerie. J'ai eu de l'émotion et de la délicatesse.

Fête de diplôme : Une fête de diplôme qui se termine de façon apocalyptique. Court mais percutant.

N. : Un psychologue vient de se suicider. Son amie d'enfance reçoit sa confession sous la forme d'un journal intime. Il s'avère que ça a commencé avec un patient ayant des troubles obsessionnels compulsifs un peu particuliers... Le clou du recueil. Une histoire qui rappelle le meilleur de Lovecraft. Tout simplement terrifiant.

Un chat d'enfer :  Voici la nouvelle qui a été écrite il y a des années (pour le film Tales from the Darkness). Et ça se voit : un style percutant, des personnages à la limite du caricatural, un scénario des plus gores, très différent du reste du recueil. Et ça marche. La fin est tout simplement répugnante :D

Le New York Times à prix spécial : Une sonnerie de téléphone qui retentit dans des circonstances un peu particulières, et une voix inattendue au bout du fil... Un thème classique, lu et relu, mais qui fonctionne toujours à peu près.

Muet : Un représentant de commerce dont la femme est impliquée dans un scandale financier prend un sourd-muet en auto-stop. Encore une histoire dans laquelle on se reconnaît facilement, et qui est diablement efficace.

Ayana : Une histoire qui rappelle très fortement La Ligne verte. Je n'ai pas été convaincu.

Un très petit coin : Encore une idée délicieusement débile : que se passerait-il si la sanisette dans laquelle vous êtes en train de faire vos besoins basculait tête en avant et porte contre terre ? King en tire une histoire réjouissante en évoquant en plus un sujet de société tristement actuel.

Voilà, un recueil que je vous recommande chaudement : ça se lit presque tout seul et passe de très bons moments.

Posté par Papa Fredo à 21:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur C'est dans les vieux pots...

    Pour moi qui trouve toujours qu'il tire trop à la ligne dans ses romans, les nouvelles sont surement une solution. Je le note.

    Posté par gromovar, 11 octobre 2010 à 22:19 | | Répondre
  • Je suis fan de Stephen King mais là... j'ai détesté ce bouquin mal foutu aux nouvelles sans saveurs (sauf la première qui fait penser à du Bradbury).
    Cela sent les fonds de tiroirs...

    Posté par Fantasio, 11 octobre 2010 à 22:54 | | Répondre
  • Une précision : l'auteur annonce que ce sont des nouvelles écrites entre 2005 et 2008, alors que, justement, il parvenait à se remettre au format court. Seule la nouvelle "Un chat d'enfer" a été écrite il y a une vingtaine d'années (et peut donc effectivement être qualifiée de "fond de tiroir").

    Posté par papa fredo, 12 octobre 2010 à 07:02 | | Répondre
  • Des années que je n'ai pas lu de S. King, mais j'adorais, quand j'étais plus jeune...

    Posté par Liliba, 31 octobre 2010 à 19:16 | | Répondre
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